Revue 02

Dossier : PISA 2025 et le système éducatif français

L’Épio — Revue n°2

Un dossier de huit articles, cinq fiches Comprendre, deux points de droit, deux études de cas, une sélection vidéo, une galerie d’illustrations, trois quiz et trois jeux — pour comprendre ce que PISA 2025 dit vraiment du système éducatif français.

Ce que contient ce numéro

Chaque rubrique de cette revue peut devenir, une fois publiée, une page ou un article séparé sur ton site — cette page réunit tout pour que tu voies l’ensemble tourner avant la mise en ligne.

Les articles du dossier

La revue Épio — n°02 · Articles · 1/8

Ce que dit vraiment PISA 2025

Les résultats ont été publiés le 8 septembre 2026 par l’OCDE et la DEPP. Avant de parler de « bons » ou « mauvais » résultats, voici ce que l’enquête mesure réellement, et ce qu’elle dit précisément de la France.

PISA — le Programme international pour le suivi des acquis des élèves — n’est pas un contrôle de connaissances scolaires classique. Piloté par l’OCDE, il teste la capacité d’élèves de 15 ans à mobiliser leurs acquis dans des situations proches de la vie réelle : résoudre un problème, interpréter un texte, raisonner à partir de données scientifiques. L’édition 2025, dont les résultats ont été publiés le 8 septembre 2026, a mobilisé 6 501 élèves français dans 302 établissements, sur un total de 91 pays et territoires participants et plus de 760 000 élèves testés dans le monde.

Les chiffres pour la France

483points en culture scientifique (dans la moyenne OCDE)
458points en culture mathématique (−16 points depuis 2022, niveau le plus bas jamais enregistré)
456points en compréhension de l’écrit
27eplace sur 91 pays et territoires, en recul d’un rang par rapport à 2022

La France se situe ainsi, selon les propres termes de la DEPP, « dans la moyenne de l’OCDE » — un positionnement à interpréter avec prudence : cette moyenne masque une baisse continue depuis dix ans, dans un contexte où le niveau moyen des 91 pays testés recule lui aussi, année après édition.

Une édition qui capte aussi la baisse mondiale

PISA 2025 enregistre la performance moyenne la plus faible jamais observée depuis la création de l’enquête en 2000, tous pays confondus. Le repli est particulièrement marqué en compréhension de l’écrit, qualifié de « préoccupant » par les analystes de l’OCDE, et en mathématiques, où le score moyen des pays de l’OCDE a chuté de 22 points depuis 2015 — contre 8 points seulement dans les autres systèmes éducatifs participants. Ce contexte mondial ne dédouane pas la France de ses propres résultats, mais il rappelle que le diagnostic ne peut pas se limiter à un jugement franco-français : plusieurs facteurs jouent à l’échelle internationale, parmi lesquels l’exposition aux écrans et aux réseaux sociaux, l’usage du téléphone portable en classe, et le recul du suivi parental.

À retenir. PISA ne mesure pas des connaissances apprises par cœur mais la capacité à les mobiliser dans des situations concrètes. Comparer des scores d’une édition à l’autre a donc un sens précis : ce n’est pas le programme scolaire qui est testé, c’est ce que les élèves savent en faire.

Ce que l’enquête a changé pour cette édition

Deux évolutions méthodologiques marquent PISA 2025. D’abord, le rythme de l’enquête passe de trois à quatre ans : la prochaine édition, PISA 2029, ne sera donc pas publiée avant 2029-2030. Ensuite, un nouveau thème d’évaluation fait son apparition — l’anglais langue étrangère — aux côtés des trois disciplines historiques (compréhension de l’écrit, culture mathématique, culture scientifique, cette dernière étant le thème principal de cette édition) et d’un questionnaire consacré à l’apprentissage dans un monde numérique.

À suivre. Le ministère de l’Éducation nationale a annoncé, en réaction à ces résultats, un objectif chiffré : revenir dans le premier tiers des pays de l’OCDE d’ici le cycle PISA 2033, en dépassant la moyenne OCDE dès 2029 — ce qui suppose un gain de 20 points, soit l’équivalent d’une année d’apprentissage supplémentaire. Les articles suivants de ce dossier reviendront sur les mesures annoncées pour y parvenir, notamment sur la formation des enseignants.

Sources : DEPP, ministère de l’Éducation nationale, Note d’Information n° 26.39 et n° 26.40 (8 septembre 2026) ; page officielle DEPP « PISA (Programme International pour le Suivi des Acquis des Élèves) » ; France Info, « La France stagne à la 27e place… » (8 septembre 2026) ; Nomad Education, « Classement PISA 2026 : la France à la 27e place ».

La revue Épio — n°02 · Articles · 2/8

Pourquoi ces résultats sont mauvais : les causes structurelles

La baisse constatée par PISA 2025 n’a pas une seule explication. Mais un facteur revient systématiquement dans les analyses des chercheurs : le poids de l’origine sociale sur la réussite scolaire, plus marqué en France qu’ailleurs.

Face à une baisse de niveau observée dans la quasi-totalité des pays de l’OCDE, la question n’est pas seulement « pourquoi le niveau baisse-t-il ? » mais « pourquoi baisse-t-il davantage, ou différemment, en France ? ». Sur ce point précis, les données disponibles convergent vers un facteur central : le poids de l’origine sociale sur les résultats scolaires, plus fort en France que dans la moyenne des pays comparables.

Un écart social parmi les plus marqués de l’OCDE

113 ptsd’écart en mathématiques entre le quart le plus favorisé et le quart le moins favorisé des élèves français
93 ptsécart moyen dans l’ensemble des pays de l’OCDE — la France fait donc nettement pire que la moyenne
7 %des élèves défavorisés français figurent parmi le quart obtenant les meilleurs scores en maths, contre 10 % en moyenne OCDE, 15 % au Japon et 9,5 % en Allemagne

Ces chiffres, issus des enquêtes PISA analysées par des observatoires spécialisés, décrivent un phénomène précis : ce n’est pas seulement que les élèves défavorisés réussissent moins bien en France qu’ailleurs, c’est que le système offre statistiquement moins de chances à un élève défavorisé de rejoindre le groupe des meilleurs élèves, comparé à des pays comme le Japon ou l’Allemagne.

La ségrégation scolaire, un facteur documenté par la recherche

Les travaux de recherche sur la mixité sociale en collège, mobilisant notamment les données de la DEPP, établissent une relation robuste : plus un système scolaire est ségrégué — c’est-à-dire plus les établissements accueillent des publics socialement homogènes plutôt que mixtes — plus les inégalités de performance entre élèves riches et élèves pauvres ont tendance à s’accroître. Dans un système fortement ségrégué, les élèves de milieux populaires ont statistiquement moins de chances d’échapper à la détermination sociale de leur réussite, et l’écart avec les meilleurs élèves se creuse davantage. Aucun système éducatif fortement ségrégué, parmi les pays étudiés, ne parvient à produire une véritable équité scolaire.

Un mécanisme d’auto-renforcement est également documenté par les chercheurs en sciences de l’éducation : face aux élèves les plus en difficulté, les enseignants ont tendance à réduire leurs ambitions pédagogiques, tandis que les élèves eux-mêmes, conscients de leurs difficultés, adoptent des comportements moins favorables au travail scolaire — un cercle qui s’auto-entretient au fil de la scolarité.

À retenir. La baisse du niveau moyen est un phénomène largement international. Ce qui distingue la France, selon les données disponibles, c’est moins l’ampleur de la baisse que la force du lien entre origine sociale et résultat scolaire — un facteur structurel, documenté depuis plusieurs éditions de PISA, et non spécifique à 2025.

Un débat public qui mobilise beaucoup d’explications concurrentes

Dans les commentaires publiés au lendemain de PISA 2025, de nombreuses causes sont avancées : les inégalités sociales, le manque de moyens, l’usage du téléphone portable et des réseaux sociaux, l’impact durable du Covid sur les apprentissages, l’hétérogénéité croissante des classes, ou encore les limites de la formation des enseignants face à ces difficultés (voir les articles 6 et 7 de ce dossier). Ce foisonnement d’explications reflète une réalité méthodologique importante : PISA identifie des corrélations et des écarts, mais n’établit pas, à lui seul, de lien de causalité unique entre une politique éducative précise et le niveau des élèves. C’est un point sur lequel les experts de l’éducation eux-mêmes insistent, invitant à la prudence face aux explications les plus tranchées.

À suivre. Le plan de redressement annoncé par le ministère (objectif de retour dans le premier tiers de l’OCDE d’ici 2033) devra être évalué à l’aune de ce facteur social : une amélioration du score moyen qui laisserait l’écart entre milieux favorisés et défavorisés inchangé ne répondrait qu’à une partie du diagnostic posé par PISA 2025.

Sources : Observatoire Hexagone, « Baisse du niveau des élèves : comment les petits Français ont décroché du tableau ? » (données PISA/OCDE) ; École démocratique, « Ségrégation scolaire : quel est le problème ? » (recherches Hirtt, Felouzis & Perroton, Duru-Bellat & Mingat) ; DEPP, « État de la recherche sur la mixité sociale en collège en France » ; DEPP, Notes d’Information n° 26.39 et n° 26.40 (8 septembre 2026).

La revue Épio — n°02 · Articles · 3/8

Les points forts du système français, invisibles dans le classement brut

27e sur 91 : le rang seul ne dit rien de deux résultats que PISA 2025 met en évidence et que le débat public retient rarement.

Le classement global de la France à PISA 2025 — 27e place sur 91 pays et territoires — masque deux résultats plus nuancés que la seule lecture du rang. Ils concernent la résilience scolaire de certains élèves défavorisés, et l’évolution de l’équité en sciences.

Une amélioration de l’équité en sciences

En culture scientifique, discipline majeure de cette édition, l’OCDE observe que l’écart entre élèves favorisés et défavorisés s’est réduit en France. Les élèves les plus défavorisés qui obtiennent malgré tout de bons résultats sont qualifiés par les auteurs de l’enquête de « résilients sur le plan scolaire » : leur origine sociale ne les empêche pas d’atteindre des performances comparables aux autres élèves de leur pays dans cette discipline précise. C’est un point de contraste net avec les mathématiques, où la situation est inverse (voir l’article suivant sur les points faibles).

Une baisse plus marquée chez les élèves favorisés en mathématiques

Toujours à rebours de l’image d’un système qui pénaliserait avant tout les plus défavorisés, PISA 2025 relève qu’en mathématiques, le niveau des élèves français issus de milieux favorisés a diminué de 38 % depuis les éditions précédentes, contre 22 % chez les élèves les plus défavorisés. Ce paradoxe apparent invite à nuancer un débat souvent binaire sur les inégalités scolaires : la baisse générale du niveau touche l’ensemble des catégories sociales, y compris celles qui partent avec le plus de ressources.

À retenir. Un rang mondial se lit vite ; il ne raconte pas où se situent les vraies marges de progrès. Sur les sujets d’équité sociale, la France progresse par endroits (sciences) et recule par d’autres (mathématiques) — deux mouvements simultanés que le seul classement général ne permet pas de voir.

Une base scolaire large, un système qui reste dans la moyenne mondiale

Avec des scores de 483 (sciences), 458 (mathématiques) et 456 (compréhension de l’écrit), la France reste dans la moyenne des pays de l’OCDE sur les trois disciplines — ni en tête, ni en queue de peloton parmi les grandes économies occidentales. À titre de comparaison régionale, la France se classe derrière des pays comme la Slovénie ou la Suède, mais devant l’Italie et le Portugal : un positionnement médian parmi les pays d’Europe de l’Ouest et du Sud, loin d’un effondrement isolé.

À suivre. La lecture de ces résultats appelle à la prudence méthodologique : un expert de l’éducation cité dans la presse spécialisée invite explicitement à « dépasser la simple lecture comptable des résultats ». L’article suivant du dossier détaille, à l’inverse, les points faibles identifiés par la même enquête.

Sources : DEPP, ministère de l’Éducation nationale, Notes d’Information n° 26.39 et n° 26.40 (8 septembre 2026) ; France Info, « La France stagne à la 27e place… » ; Planète Grandes Écoles, « Classement PISA 2026 : la France chute à son niveau le plus bas… ».

La revue Épio — n°02 · Articles · 4/8

Les points faibles du système français, à travers PISA 2025

Trois signaux se dégagent des résultats 2025 : un plancher historique en mathématiques, une baisse jugée préoccupante en lecture, et un manque d’enseignants qui touche plus d’un établissement du second degré sur deux.

Après les points forts identifiés à l’article précédent, cet article se concentre sur les signaux les plus inquiétants relevés par PISA 2025 et les données qui les entourent.

Un plancher historique en mathématiques

458 ptsen culture mathématique — le score le plus bas jamais enregistré par la France depuis la création de l’enquête, en recul de 16 points depuis 2022
53 %des collèges et lycées manquaient de professeurs à la rentrée 2026, selon le premier syndicat du second degré

La baisse en mathématiques n’est pas propre à la France : à l’échelle de l’OCDE, le score moyen a chuté de 22 points depuis 2015, contre seulement 8 points dans les autres systèmes participants — un effondrement bien plus marqué chez les pays riches que dans le reste du monde évalué. Mais la France atteint, avec 458 points, son niveau le plus bas jamais mesuré dans cette discipline.

Une baisse en lecture jugée « particulièrement préoccupante »

En compréhension de l’écrit, la France obtient 456 points. Les analystes de l’OCDE qualifient explicitement la baisse observée dans ce domaine de « particulièrement préoccupante » à l’échelle de l’ensemble des pays testés. La compréhension de l’écrit est une compétence transversale : elle conditionne directement la capacité des élèves à aborder les autres disciplines, y compris les mathématiques et les sciences, ce qui en fait un signal d’alerte particulièrement sensible pour la suite du parcours scolaire.

Un manque d’enseignants qui fragilise la mise en œuvre de toute réforme

À la rentrée 2026, plus de la moitié des collèges et lycées manquaient de professeurs selon le premier syndicat du second degré — un climat de tension qui, selon plusieurs commentateurs, s’ajoute aux difficultés mesurées par PISA sans s’y substituer : la dégradation du climat scolaire et l’insécurité ressentie par les enseignants sont aussi citées comme facteurs à prendre en compte, au-delà de la seule lecture des scores. Cette pénurie interroge directement la capacité du système à déployer les mesures annoncées en réaction à PISA 2025, notamment celles qui reposent sur un renforcement de la formation des enseignants (voir les articles 6 et 7 de ce dossier).

À retenir. Les points faibles de PISA 2025 ne sont pas qu’un problème de scores : le score le plus bas jamais enregistré en mathématiques et la baisse préoccupante en lecture s’accompagnent d’une difficulté concrète de terrain — le manque de professeurs — qui conditionne la capacité du système à corriger le tir dans les années qui viennent.

Un écart entre meilleurs et moins bons élèves qui reste un point de vigilance

Comme détaillé dans l’article 2 de ce dossier, l’écart de performance entre élèves favorisés et défavorisés en mathématiques (113 points) reste supérieur à la moyenne de l’OCDE (93 points). Ce constat, déjà documenté lors des éditions précédentes, n’est pas une nouveauté de 2025 — mais son maintien, malgré les réformes successives engagées depuis dix ans, en fait l’un des points faibles les plus structurels du système français, davantage qu’un accident conjoncturel lié à une seule édition de l’enquête.

À suivre. Le ministère a annoncé, à la Toussaint 2026, l’envoi à chaque famille d’un document présentant les objectifs d’apprentissage de l’année de leur enfant, ainsi que l’extension de l’interdiction du téléphone portable au lycée. Ces mesures ciblent surtout le climat scolaire et l’attention en classe ; elles ne répondent pas directement à la pénurie d’enseignants ni à l’écart social de performance, qui resteront des indicateurs à suivre lors des prochaines évaluations nationales.

Sources : DEPP, ministère de l’Éducation nationale, Notes d’Information n° 26.39 et n° 26.40 (8 septembre 2026) ; L’essentiel (Luxembourg), « Classement PISA : dans quels pays les élèves sont-ils les plus performants ? » ; CNEWS, « Enquête Pisa 2026 : les résultats des élèves publiés ce mardi, la France toujours bonnet d’âne ? » ; L’Express Éducation, « Classement PISA 2026 : la France recule encore » ; Observatoire Hexagone, données PISA/OCDE sur l’écart social de performance.

La revue Épio — n°02 · Articles · 5/8

Comparatif à grands traits : l’Europe et l’Asie face à PISA 2025

Un panorama volontairement synthétique — le détail pays par pays fera l’objet d’une revue dédiée. L’essentiel à retenir pour situer la France dans le paysage mondial.

PISA 2025 confirme une hiérarchie déjà observée lors des éditions précédentes : l’Asie de l’Est domine très largement le haut du classement, l’Europe se situe dans une position intermédiaire hétérogène, et la France occupe un rang médian, loin des deux extrêmes.

Le podium mondial, sans surprise asiatique

1Chine (Pékin, Shanghai, Jiangsu, Zhejiang)
2Singapour
3Macao
4Taïwan
5Japon
6Estonie — 1er pays européen
7Corée du Sud
27France

Les quatre premières places sont systématiquement occupées par des territoires est-asiatiques, dans les trois disciplines évaluées. Cette suprématie n’est pas nouvelle : elle se confirme édition après édition depuis le début des années 2010. Les experts de l’éducation interrogés par la presse rappellent toutefois que les systèmes éducatifs, le contexte culturel et l’organisation du temps scolaire diffèrent trop fortement d’un pays à l’autre pour réduire cet écart à une seule méthode transposable telle quelle.

L’Estonie, référence européenne

Le premier pays européen du classement est l’Estonie, à la 6e place mondiale — devant la Corée du Sud et le Royaume-Uni. Ce résultat, stable d’une édition à l’autre, fait de l’Estonie une référence régulièrement citée dans les comparaisons internationales en éducation, aux côtés du Canada et de la Nouvelle-Zélande qui complètent le top 10 mondial.

La France dans son voisinage européen immédiat

À la 27e place, la France se situe juste derrière la Suède et la Slovénie, et juste devant l’Italie et le Portugal. Elle devance nettement le Luxembourg (35e), tout en restant derrière ses voisins belge (21e) et allemand (23e). Ce positionnement dessine une France ni en tête ni en fin de classement parmi les grandes économies d’Europe de l’Ouest — une moyenne européenne plutôt qu’une exception, dans un sens comme dans l’autre.

À retenir. La domination est-asiatique et la position intermédiaire de la France sont deux constats robustes et récurrents d’édition en édition. Ce qui change davantage d’une édition à l’autre, c’est l’ampleur de la baisse générale des scores — un mouvement mondial que subissent la plupart des pays de l’OCDE, la France comme les autres.

Des causes plurielles, difficiles à isoler

L’OCDE et plusieurs experts pointent une combinaison de facteurs pour expliquer le repli général observé en 2025 : les réformes successives des systèmes éducatifs, l’impact durable de la crise Covid sur les apprentissages, ainsi qu’une fracture croissante entre un pôle d’excellence préservé et un accès aux savoirs de moins en moins démocratisé, en lien avec les inégalités sociales. Un point de vigilance inédit apparaît aussi dans cette édition : une corrélation — sans lien de causalité formellement établi à ce stade — entre l’usage intensif de l’intelligence artificielle par les élèves et de moins bons résultats en sciences, identifiée par l’OCDE comme un axe de vigilance pour les prochaines éditions.

À suivre. Ce panorama reste volontairement large : une analyse détaillée, pays par pays, des méthodes pédagogiques, du financement et de l’organisation scolaire en Asie de l’Est et dans les pays européens les mieux classés fera l’objet d’une prochaine revue dédiée.

Sources : DEPP, ministère de l’Éducation nationale, Notes d’Information n° 26.39 et n° 26.40 (8 septembre 2026) ; France Info, « La France stagne à la 27e place, la Chine domine… » ; L’Express Éducation, « Classement PISA 2026 : la France recule encore » ; L’essentiel (Luxembourg), « Classement PISA : dans quels pays les élèves sont-ils les plus performants ? » ; Planète Grandes Écoles, « Classement PISA 2026… ».

La revue Épio — n°02 · Articles · 6/8

La formation des enseignants, initiale et continue : ce qui change

Un panorama synthétique — le sujet, central dans le débat post-PISA, méritera une revue à part entière. Voici les repères essentiels sur la réforme en cours.

La formation des professeurs est l’une des pistes systématiquement citées pour expliquer, et pour corriger, les résultats PISA. Une réforme profonde de la formation initiale est entrée en vigueur à la rentrée 2025, tandis que la formation continue reste un chantier identifié comme insuffisant par plusieurs rapports récents.

Formation initiale : le concours avance à bac+3

Le changement principal de la réforme : les concours de l’enseignement (CRPE pour le premier degré, CAPES, CAPEPS, CAPET et CAPLP pour le second degré) sont désormais accessibles dès la fin de la licence, contre la fin du master auparavant. Une voie bac+5 subsiste en parallèle pendant une période de transition, avant de disparaître à l’horizon 2028. Les lauréats, quel que soit leur niveau d’entrée, suivent ensuite un master professionnalisant et rémunéré de deux ans (le « M2E », anciennement appelé MEEF), alternant stages en observation puis en responsabilité, et accompagnement par un tuteur.

+76,6 %de candidats inscrits aux concours enseignants 2026 par rapport à 2025
96,9 %des postes ouverts ont été pourvus tous concours confondus en 2026

Selon le ministère, cette première session organisée dans le nouveau cadre enregistre une nette progression de l’attractivité du métier : hausse du nombre de candidats, du nombre de postes ouverts (+40,2 %) et du nombre d’admis (environ +50 %). Il est encore tôt pour savoir si cette embellie se traduira par une amélioration durable de la qualité de la formation reçue par les futurs enseignants — c’est un point que les prochaines éditions de PISA permettront, avec plusieurs années de décalage, de commencer à évaluer.

Formation continue : un chantier identifié comme insuffisant

Contrairement à la formation initiale, la formation continue des enseignants ne fait pas l’objet d’une obligation d’heures minimales dans le second degré — une lacune explicitement pointée par un rapport sénatorial récent, qui recommande d’inscrire un nombre minimal d’heures de formation dans les obligations de service. D’autres think tanks vont plus loin, proposant un droit à la formation pouvant aller jusqu’à 100 heures par an, dont un socle national obligatoire, en s’inspirant de dispositifs comparables existant dans le secteur de la santé.

À retenir. La réforme 2025-2026 concentre l’essentiel de l’effort sur l’entrée dans le métier (formation initiale, attractivité des concours). La formation continue, qui concerne l’ensemble des enseignants déjà en poste — donc l’immense majorité du corps enseignant actuel — reste un chantier moins avancé, alors même qu’elle concerne les classes qui passeront les prochaines éditions de PISA avant que la réforme de la formation initiale ne produise pleinement ses effets.

À suivre. Les écoles académiques de la formation continue (EAFC), créées pour structurer l’offre de formation des enseignants en poste, font l’objet d’un premier bilan par l’Inspection générale deux ans après leur création. Ce bilan éclairera si cette nouvelle organisation permet réellement de combler le déficit de formation continue identifié par les rapports parlementaires.

Sources : devenirenseignant.gouv.fr, « Étudiants en master 2025-2026 : tout savoir sur la réforme » ; ministère de l’Éducation nationale, « Concours enseignants de la session 2026 : premiers effets de la réforme » ; enseignementsup-recherche.gouv.fr, « Réforme de la formation initiale des professeurs » ; Sénat, rapport n° 22-869 sur la formation continue des enseignants ; Terra Nova, « De l’urgence d’une grande réforme de la formation continue des enseignants ».

La revue Épio — n°02 · Articles · 7/8

Comment les enseignants sont évalués

Pas de notation annuelle comme dans d’autres métiers : la carrière d’un enseignant français est jalonnée de trois rendez-vous, espacés de plusieurs années.

Depuis 2017, l’évaluation des enseignants français repose sur le protocole PPCR (Parcours professionnel, carrière et rémunération), qui a remplacé la notation chiffrée annuelle par un dispositif fondé sur des « rendez-vous de carrière ».

Trois rendez-vous sur toute une carrière

Un enseignant qui déroule une carrière complète bénéficie, en principe, de trois rendez-vous de carrière — un tous les sept ans en moyenne, au moment de franchir certains échelons. Chaque rendez-vous combine une inspection en classe et un entretien, à l’issue desquels l’évaluateur (inspecteur pour le premier degré, chef d’établissement et inspecteur pour le second degré) porte une appréciation. Cette appréciation peut ouvrir droit à un gain d’un an sur la durée de l’échelon suivant pour les deux premiers rendez-vous de carrière, une forme d’accélération de carrière pour les enseignants les mieux évalués.

Un dispositif qui reste contesté par les organisations syndicales

Le PPCR fait l’objet de critiques récurrentes de la part de plusieurs syndicats enseignants, qui pointent un accompagnement jugé insuffisant au quotidien et une déconnexion entre l’objectif affiché (accompagner le développement professionnel) et la réalité vécue par les personnels. Un rapport de l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGÉSR) a recommandé une meilleure répartition des rendez-vous de carrière dans le temps, ainsi qu’une déconnexion plus nette entre les opérations d’évaluation proprement dites et les décisions d’avancement de carrière — signe que le dispositif fait l’objet d’ajustements continus depuis sa création.

À retenir. Contrairement à une idée reçue, les enseignants français ne sont pas évalués chaque année : le rythme moyen est d’un rendez-vous tous les sept ans. C’est un rythme d’évaluation nettement plus espacé que dans la plupart des autres professions, ce qui limite mécaniquement la fréquence des retours formalisés sur la pratique professionnelle au cours d’une carrière.
À suivre. Le lien entre ce rythme d’évaluation et la qualité de l’enseignement dispensé reste peu documenté dans le débat public post-PISA : les discussions se concentrent surtout sur la formation initiale et continue (article 6), plus que sur la fréquence ou la nature des rendez-vous d’évaluation eux-mêmes.

Sources : ministère de l’Éducation nationale, « Rendez-vous de carrière : mode d’emploi » ; ministère de l’Éducation nationale, IGÉSR, « Le protocole PPCR pour les enseignants » ; Guide du rendez-vous de carrière des personnels enseignants, d’éducation et psychologues de l’Éducation nationale ; Snec-CFTC, « PPCR enseignants et chefs d’établissement » ; Force Ouvrière, communiqué FNEC FP-FO sur l’évaluation des enseignants.

La revue Épio — n°02 · Articles · 8/8

Parcoursup et l’orientation post-bac : comment ça marche vraiment

« C’est l’algorithme qui a décidé. » L’idée est fausse, mais très répandue. Voici ce qui se passe réellement entre la formulation des vœux et la réponse des formations.

Parcoursup, créée en 2018 pour remplacer la plateforme Admission Post-Bac (APB), est le portail par lequel les futurs bacheliers formulent leurs vœux d’orientation vers l’enseignement supérieur. Contrairement à une croyance largement répandue, ce n’est pas un algorithme unique qui décide de l’avenir de chaque candidat.

Deux mécanismes bien distincts, pas un algorithme tout-puissant

Le parcours d’un dossier se déroule en deux temps radicalement différents. D’abord, chaque formation met en place sa propre commission d’examen des vœux, composée principalement d’enseignants, qui analyse les candidatures selon des critères qu’elle définit elle-même (résultats scolaires, fiche Avenir, lettre de motivation, projet professionnel) et les pondère à sa façon. Ensuite seulement intervient un algorithme d’affectation mathématique — inspiré des travaux du prix Nobel d’économie sur la théorie de l’appariement (Gale-Shapley) — qui distribue les places disponibles en fonction des classements déjà établis par les formations elles-mêmes. La plateforme ne décide donc jamais elle-même du contenu d’une candidature : elle transmet les dossiers et organise ensuite la répartition des places.

Le calendrier concret

  • Formulation des vœux (janvier à mars) : jusqu’à dix vœux, sans ordre de préférence — un choix volontaire pour éviter les stratégies de classement et les biais cognitifs qui existaient dans l’ancien système APB.
  • Examen des candidatures (avril à mai) : chaque commission analyse les dossiers reçus selon ses propres critères, rendus publics sur la fiche de chaque formation.
  • Réponses et admission (à partir du 2 juin) : les candidats reçoivent les réponses de toutes les formations demandées, avec un délai pouvant aller jusqu’à 40 jours pour répondre définitivement.
  • Phase complémentaire (mi-juin à mi-septembre) : pour les candidats sans proposition, jusqu’à dix nouveaux vœux sur les places encore disponibles, actualisées quotidiennement.
À retenir. Un refus sur Parcoursup n’est jamais le verdict d’un algorithme impersonnel : c’est l’appréciation d’une commission humaine, propre à une formation donnée, avec ses propres critères. Comprendre cette distinction permet de relativiser un refus et d’expliquer pourquoi un même dossier peut être accepté dans une formation et refusé dans une autre, en apparence similaire.

Une critique persistante : la reproduction des inégalités sociales

Malgré la suppression du tirage au sort — très critiqué du temps d’APB — et une transparence accrue sur les critères, Parcoursup continue de faire l’objet de critiques sur le fond : plusieurs analyses ont montré que les critères retenus par certaines formations pouvaient reproduire des inégalités sociales déjà présentes en amont, un lycéen de milieu défavorisé pouvant être désavantagé face à un autre candidat au dossier apparemment comparable, du simple fait de la structure des critères utilisés. Ce constat rejoint directement celui de l’article 2 de ce dossier sur le poids de l’origine sociale dans le système éducatif français : l’orientation post-bac n’échappe pas à ce phénomène, elle peut même le prolonger.

À suivre. La transparence des critères locaux de chaque formation, encore jugée incomplète par plusieurs observateurs, reste un axe de réforme régulièrement évoqué. C’est un point à surveiller pour les prochaines campagnes Parcoursup, en particulier au regard des inégalités sociales documentées par PISA.

Sources : Parcoursup.gouv.fr, « Comment les formations examinent les candidatures ? » ; L’Essentiel de l’Éco, « Comment fonctionne l’algorithme de Parcoursup ? » ; Ecoles-commerce.com, « Algorithme Parcoursup expliqué » ; Speaknact, « Parcoursup 2026 : l’algorithme qui décide de votre avenir, transparence ou opacité ? » ; Thotis, « Parcoursup 2026 : dates, vœux et formalités ».

Comprendre

La revue Épio — n°02 · Comprendre · 1/5

Qu’est-ce que PISA, exactement ?

PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) est une enquête internationale pilotée par l’OCDE, menée auprès d’élèves de 15 ans dans 91 pays et territoires pour l’édition 2025. Son objectif n’est pas de contrôler des connaissances scolaires apprises par cœur, mais de mesurer la capacité des élèves à mobiliser ce qu’ils savent dans des situations proches de la vie réelle.

À savoir. PISA teste trois domaines à tour de rôle comme discipline « majeure » : compréhension de l’écrit, culture mathématique, culture scientifique. Un nouveau thème — l’anglais langue étrangère — a été ajouté pour l’édition 2025.

En France, l’enquête est réalisée par le ministère de l’Éducation nationale, via la DEPP, dans 302 établissements tirés au sort, auprès d’environ 6 500 élèves. Les résultats ne sont jamais individuels : ils sont agrégés pour analyser le système éducatif dans son ensemble, pas la performance d’un élève ou d’un établissement en particulier.

  • Créée en 2000, l’enquête était menée tous les trois ans ; elle passe à un rythme de quatre ans à partir de l’édition 2025.
  • Les épreuves se déroulent sur ordinateur, en 3h30 au total : épreuves individuelles, puis questionnaire de contexte sur le milieu socio-culturel et le bien-être de l’élève.
  • Les résultats de l’édition 2025 ont été publiés le 8 septembre 2026.

Source : ministère de l’Éducation nationale, DEPP, page officielle « PISA (Programme International pour le Suivi des Acquis des Élèves) ».

La revue Épio — n°02 · Comprendre · 2/5

Comment lire un score PISA

Un score PISA (458 points en mathématiques pour la France en 2025, par exemple) n’a de sens que par comparaison : avec la moyenne des autres pays, avec les éditions précédentes, ou avec d’autres groupes d’élèves.

À savoir. L’échelle PISA est construite pour avoir, lors de sa création, une moyenne OCDE fixée à 500 points avec un écart-type de 100. Un score de 458 n’est donc pas « une mauvaise note sur 500 » comme à l’école : c’est une position relative sur une échelle statistique, qui évolue d’édition en édition.

Trois lectures sont possibles pour un même chiffre :

  • Le classement : la position d’un pays parmi les 91 participants (la France est 27e en 2025).
  • L’évolution dans le temps : la comparaison avec les éditions précédentes du même pays (la France perd 16 points en mathématiques depuis 2022).
  • La dispersion : l’écart entre les meilleurs et les moins bons élèves d’un même pays, souvent lié à l’origine sociale (voir la fiche sur la ségrégation scolaire).

Ces trois lectures racontent des histoires différentes : un pays peut rester stable en classement tout en voyant son score absolu baisser, si les autres pays reculent davantage. C’est précisément ce qui s’est produit en 2025 : la France recule dans l’absolu, mais la baisse touche la quasi-totalité des pays de l’OCDE.

Source : OCDE, cadre méthodologique PISA ; DEPP, Notes d’Information n° 26.39 et n° 26.40 (2026).

La revue Épio — n°02 · Comprendre · 3/5

Ségrégation scolaire et mixité sociale : de quoi parle-t-on ?

Ces deux termes reviennent souvent dans les commentaires sur PISA. Ils décrivent la même réalité, vue sous deux angles opposés.

Ségrégation scolaire. L’inégale répartition des élèves entre établissements selon leurs caractéristiques individuelles (origine sociale, niveau scolaire). Des établissements qui accueillent des publics très différents selon le milieu social sont le signe d’un système scolaire ségrégué.
Mixité sociale. Son contraire : une répartition des élèves qui reflète la diversité sociale réelle d’un territoire, plutôt qu’une concentration d’élèves de même profil dans les mêmes établissements.

Pourquoi ce sujet compte pour lire PISA : la recherche montre que plus un système scolaire est ségrégué, plus les inégalités de performance entre élèves riches et élèves pauvres ont tendance à se creuser. Dans un système où les établissements sont socialement homogènes, les élèves de milieux populaires ont statistiquement moins de chances d’échapper à la détermination sociale de leur réussite scolaire.

  • La mixité sociale à l’école figure explicitement parmi les missions du service public d’enseignement en France.
  • Aucun système scolaire fortement ségrégué, parmi les pays étudiés par la recherche comparative, ne parvient à produire une véritable équité scolaire.

Source : École démocratique, « Ségrégation scolaire : quel est le problème ? » (travaux Hirtt, Felouzis & Perroton, Duru-Bellat & Mingat) ; DEPP, « État de la recherche sur la mixité sociale en collège en France ».

La revue Épio — n°02 · Comprendre · 4/5

Le système éducatif français en un coup d’œil

Pour situer les âges testés par PISA (15 ans) et les réformes évoquées dans ce dossier, voici les grandes étapes du parcours scolaire en France :

  • École primaire (6-10 ans) : maternelle non obligatoire dès 3 ans, puis élémentaire (CP à CM2).
  • Collège (11-14 ans) : de la 6e à la 3e, tronc commun, diplôme national du brevet en fin de 3e.
  • Lycée (15-17 ans) : voie générale, technologique ou professionnelle, baccalauréat en fin de terminale. Les élèves de 15 ans testés par PISA se trouvent généralement en fin de collège ou en tout début de lycée.
  • Enseignement supérieur : accès via Parcoursup pour la quasi-totalité des formations post-bac (voir l’article 8 du dossier).

Deux repères utiles pour ce numéro : un enseignant du second degré fait face en moyenne à 21,6 élèves par heure de cours à la rentrée 2025, et la formation des enseignants (article 6) comme leur évaluation (article 7) s’organisent différemment entre premier degré (écoles) et second degré (collèges, lycées).

Source : ministère de l’Éducation nationale ; DEPP, « Le nombre d’élèves devant un enseignant dans le second degré à la rentrée 2025 ».

La revue Épio — n°02 · Comprendre · 5/5

Fonctionnaire, stagiaire, contractuel : les statuts des enseignants

Le statut d’un enseignant détermine sa rémunération, sa sécurité de l’emploi et son parcours de carrière — un point utile pour comprendre les articles 6 et 7 de ce dossier.

Professeur stagiaire. Le statut du lauréat d’un concours pendant sa formation en master professionnalisant (deux ans) : il est déjà rémunéré (environ 1 800 € nets par mois pour un titulaire de master), en responsabilité progressive devant élèves, avant sa titularisation définitive.
Professeur titulaire. Fonctionnaire de l’État après titularisation : c’est le statut de la majorité des enseignants, qui suivent ensuite le protocole d’évaluation PPCR (voir l’article 7) tout au long de leur carrière.
Professeur contractuel. Recruté directement par les rectorats sans concours, souvent pour pourvoir des postes non couverts par les lauréats de concours — un recours dont l’ampleur est directement liée au manque d’enseignants évoqué dans l’article 4 de ce dossier.

Ces trois statuts coexistent aujourd’hui dans les établissements, avec des conditions de formation, de rémunération et de stabilité de l’emploi très différentes — un facteur à garder en tête lorsqu’on évalue l’impact des réformes de formation initiale sur l’ensemble du corps enseignant.

Source : devenirenseignant.gouv.fr ; ministère de l’Éducation nationale.

Vu du droit

La revue Épio — n°02 · Vue du droit · 1/2

Le cadre légal de Parcoursup : la loi ORE

Parcoursup n’est pas qu’une plateforme technique : son fonctionnement découle directement de la loi du 8 mars 2018 relative à l’orientation et à la réussite des étudiants (loi ORE), qui a posé les bases juridiques du système actuel après la suppression du tirage au sort utilisé par l’ancienne plateforme APB.

Ce que change juridiquement la loi ORE. Elle interdit le recours au tirage au sort pour départager les candidats dans les filières en tension, et impose aux établissements de rendre publics les critères et modalités d’examen des candidatures — c’est la base légale de la transparence des critères évoquée dans l’article 8 du dossier.

La loi introduit également les « attendus » : chaque formation doit formuler les compétences et connaissances attendues d’un candidat, disponibles sur la fiche de présentation de la formation sur Parcoursup. Cette obligation de motivation est un des points sur lesquels s’appuient les recours de candidats qui contestent une décision de refus, notamment devant le juge administratif en cas de soupçon de discrimination dans les critères retenus par une commission d’examen des vœux.

Source : loi n° 2018-166 du 8 mars 2018 relative à l’orientation et à la réussite des étudiants ; Parcoursup.gouv.fr.

La revue Épio — n°02 · Vue du droit · 2/2

Ce qu’implique juridiquement le statut de fonctionnaire pour un enseignant

Un professeur titulaire est un fonctionnaire de l’État, soumis au statut général de la fonction publique et à des dispositions spécifiques au corps enseignant. Ce statut a des conséquences directes sur l’évaluation (article 7) et la formation (article 6) présentées dans ce dossier.

Ce que garantit le statut. La sécurité de l’emploi (protection contre le licenciement, sauf faute grave ou insuffisance professionnelle caractérisée selon une procédure encadrée), un déroulement de carrière fondé sur des grilles indiciaires nationales, et le droit à une formation continue — même si son volume reste, comme le montre l’article 6, en deçà de ce que recommandent certains rapports.

En contrepartie, ce statut implique des obligations spécifiques : obligation de neutralité et de réserve, obligation de service (temps de présence devant élèves, mais aussi missions annexes), et un régime disciplinaire propre à la fonction publique en cas de manquement. L’évaluation via les rendez-vous de carrière (protocole PPCR) s’inscrit dans ce cadre statutaire : elle a un effet direct sur l’avancement d’échelon, donc sur la rémunération, ce qui explique l’attention particulière portée par les organisations syndicales à ce dispositif.

Source : statut général de la fonction publique ; ministère de l’Éducation nationale, guide du rendez-vous de carrière.

Étude de cas

La revue Épio — n°02 · Étude de cas · 1/2

Léa, ses dix vœux et un refus qu’elle ne comprend pas

Scénario. Léa est en terminale générale dans un lycée de zone rurale. Ses notes sont bonnes (14-15 de moyenne), mais son dossier ne comporte pas d’activités extrascolaires valorisées, faute d’offre near chez elle. Elle formule dix vœux, dont une licence de droit très demandée dans une grande ville. Le 2 juin, elle découvre qu’elle est refusée dans cette licence, alors qu’une camarade de classe avec une moyenne légèrement inférieure y est admise. Léa est convaincue qu’un « algorithme » l’a désavantagée à cause de son lycée.

Qu’est-ce qui explique réellement cet écart entre les deux dossiers ?

Ce n’est jamais un algorithme unique qui décide : chaque formation a sa propre commission, composée principalement d’enseignants, qui pondère les critères à sa façon (notes, mais aussi appréciations, fiche Avenir, spécialités suivies). Deux dossiers avec une moyenne générale proche peuvent être classés très différemment selon les critères précis retenus par cette formation — sans qu’un « algorithme » discriminant en soit la cause directe.

Le lycée d’origine de Léa peut-il jouer un rôle, légalement ?

Les formations ne sont pas censées discriminer sur la seule base de l’établissement d’origine. Mais des critères en apparence neutres (activités extrascolaires, mobilité, réseau) peuvent désavantager indirectement des élèves de certains territoires ou milieux sociaux — un phénomène documenté par plusieurs études, indépendamment de toute intention discriminatoire de la part des formations.

Que peut faire Léa concrètement à ce stade ?

Utiliser la phase complémentaire pour formuler de nouveaux vœux sur des places encore disponibles, demander (droit ouvert par la loi ORE) les éléments d’appréciation qui ont motivé le classement de son dossier auprès de la formation concernée, et solliciter un rendez-vous avec le conseiller d’orientation de son lycée pour objectiver la situation plutôt que de rester sur une explication non vérifiée.

Cas fictif construit à partir du fonctionnement réel de Parcoursup (voir l’article 8 du dossier et la fiche « Vue du droit » sur la loi ORE).

La revue Épio — n°02 · Étude de cas · 2/2

Deux collèges, un même quartier, des résultats très différents

Scénario. Dans une même ville moyenne, le collège A recrute presque exclusivement dans un quartier favorisé grâce à la carte scolaire, tandis que le collège B, à quelques rues de là, concentre une part beaucoup plus importante d’élèves de milieux défavorisés. Les résultats au brevet et les indicateurs de réussite scolaire sont nettement meilleurs au collège A. Un parent d’élève du collège B écrit au rectorat pour demander une dérogation vers le collège A, estimant que « le niveau y est meilleur ».

Le niveau plus élevé du collège A s’explique-t-il uniquement par la qualité de l’enseignement qui y est dispensé ?

Non : la recherche montre que la composition sociale des établissements est elle-même un facteur puissant de résultats scolaires, indépendamment de la qualité intrinsèque des enseignants. Un collège qui recrute une population plus favorisée affichera statistiquement de meilleurs résultats, même à qualité d’enseignement égale, du seul fait de la ségrégation scolaire entre les deux établissements (voir la fiche « Comprendre » sur ce sujet).

Que se passerait-il si toutes les familles qui le peuvent demandaient une dérogation vers le collège A ?

Le mécanisme s’auto-renforcerait : plus de familles favorisées quittent le collège B, ce qui accentue encore sa concentration de difficultés sociales, pendant que le collège A voit sa réputation se renforcer sans que la qualité de l’enseignement en soit la cause principale. C’est précisément ce cercle que les politiques de mixité sociale cherchent à limiter.

Quelles réponses existent, à l’échelle d’un établissement, pour agir sur ce facteur ?

Les leviers identifiés par la recherche incluent la révision des secteurs de carte scolaire pour mieux équilibrer la composition sociale, des dispositifs d’affectation multi-collèges au sein d’un même secteur, et un accompagnement renforcé des équipes pédagogiques dans les établissements concentrant le plus de difficultés — des leviers structurels, à l’échelle d’un secteur, plus que des décisions individuelles de dérogation au cas par cas.

Cas fictif construit à partir des travaux de recherche cités dans la fiche « Comprendre » sur la ségrégation scolaire et l’article 2 du dossier.

En vidéo

La revue Épio — n°02 · En vidéo

Sélection de vidéos pour approfondir le dossier

Comment se déroule la passation de PISA 2025

Vidéo officielle du ministère de l’Éducation nationale expliquant le déroulé des épreuves PISA 2025 pour les élèves français.

Voir la vidéo →

La réforme de la formation des enseignants « engagée pour la rentrée 2025 »

Annonce du Premier ministre François Bayrou sur le calendrier de mise en œuvre de la réforme.

Voir la vidéo →

Devenir professeur des écoles : ce qui change en 2026

Présentation concrète du nouveau parcours de recrutement et de formation initiale.

Voir la vidéo →

Chaîne officielle Parcoursup

Tutoriels vidéo officiels pour chaque étape de la procédure (vœux, dossier, phase d’admission, phase complémentaire).

Voir la chaîne →

Sélection de vidéos publiques vérifiées, liées aux thèmes du dossier « PISA 2025 et le système éducatif français ».

Images

La revue Épio — n°02 · Images

Galerie des illustrations du numéro

Article 1 — Résultats PISA

Article 4 — Points faibles

Article 5 — Comparatif monde

Article 6 — Formation des enseignants

Article 7 — Évaluation des enseignants

Article 8 — Parcoursup

Icônes SVG au trait, cohérentes avec la charte du numéro (une par article du dossier), réutilisables librement dans les autres rubriques.

Quiz

Jeux

La revue Épio — n°02 · Jeux · Puzzle

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Termes

Définitions

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Vocabulaire tiré des 8 articles du dossier et des fiches Comprendre / Vue du droit de ce numéro.

La revue Épio — n°02 · Jeux · Devinettes

Devinettes du dossier

1. Je suis publiée tous les quatre ans depuis 2025, je teste des élèves de 15 ans dans 91 pays. Qui suis-je ?
PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves).
2. On me croit tout-puissant, mais je n’interviens qu’en dernier, après que des commissions humaines ont classé les dossiers. Qui suis-je ?
L’algorithme d’affectation de Parcoursup.
3. Je suis un fonctionnaire, mais avant de le devenir, je passe deux ans rémunéré en formation, entre stages et cours. Qui suis-je ?
Le professeur stagiaire, pendant son master M2E.
4. Plus je suis élevée dans un système scolaire, plus les écarts entre élèves riches et pauvres ont tendance à se creuser. Que suis-je ?
La ségrégation scolaire.
5. Je reviens tous les sept ans en moyenne dans la carrière d’un enseignant, et je peux lui faire gagner un an sur son échelon. Que suis-je ?
Le rendez-vous de carrière (protocole PPCR).
6. Je suis un territoire chinois, je trône en tête du classement PISA 2025 devant Singapour et Macao. Qui suis-je ?
La zone Pékin-Shanghai-Jiangsu-Zhejiang.
7. Je suis le premier pays européen du classement PISA 2025, à la 6e place mondiale. Qui suis-je ?
L’Estonie.

Devinettes construites à partir des 8 articles du dossier « PISA 2025 et le système éducatif français ».

La revue Épio — n°02 · Jeux · Mots croisés

Mots croisés du dossier

Grille à imprimer ou à remplir mentalement à partir des définitions ci-dessous. Les réponses sont dépliables plus bas.

1
2
3
4

Horizontalement

1. Établissement du premier ou du second degré (5 lettres)

3. Organisation qui pilote l’enquête PISA (sigle, 4 lettres)

Verticalement

2. Il suit le collège, avant l’enseignement supérieur (5 lettres)

4. Celui ou celle que PISA évalue (5 lettres)

Voir les réponses
1→ ÉCOLE (horizontal) · 2↓ LYCÉE (vertical, croise ÉCOLE sur le L) · 3→ OCDE (horizontal) · 4↓ ÉLÈVE (vertical, croise OCDE sur le E)

Grille construite à partir du vocabulaire du dossier « PISA 2025 et le système éducatif français ».

L’Épio — Revue n°2 — Dossier : PISA 2025 et le système éducatif français. Web : lepio.fr — Email : asso.lepio@gmail.com