La poussière des craies retombe, le crissement des premiers stylos sur les cahiers neufs résonne dans les salles de classe. C’est la rentrée. Un moment ritualisé, entre excitation et appréhension, souvent résumé par des listes de fournitures et des photos devant le portail.
Mais cette année, au-delà des traditionnels vœux, nous avions envie de saisir l’énergie unique de ce mois de septembre pour poser une question simple : où en est vraiment notre École ?
Parce que la rentrée n’est pas qu’une affaire de nouveaux cartables. C’est le moment où se rejouent, concrètement, les forces et les faiblesses de notre pacte éducatif.
Le miroir de la rentrée : ce que septembre nous révèle
Chaque rentrée est un microcosme des défis permanents du système :
Les effectifs dans les classes : La sempiternelle question du « combien d’élèves par classe ? » n’est pas technique. Elle est éminemment politique et pédagogique. Elle conditionne la qualité des apprentissages et le quotidien des professeurs.
La pénurie de professeurs : Les postes non pourvus aux concours et les classes sans titulaire à la rentrée ne sont pas un « accident ». C’est le symptôme d’une crise profonde de l’attractivité du métier, questionnant la place de l’enseignant dans notre société.
Le fossé numérique et social : La course aux fournitures, l’accès aux équipements numériques, les activités périscolaires… La rentrée, moment de consommation par excellence, rappelle cruellement les inégalités sociales que l’école est censée corriger.
Au-delà des polémiques : les vraies batailles de fond
Les débats médiatiques se concentrent souvent sur l’écume des polémiques. Mais l’urgence est ailleurs, dans le quotidien de millions d’élèves et d’enseignants :
1. L’égalité des chances, un mantra usé ? Le discours est là, mais les résultats tardent. La reproduction sociale reste la norme. Comment passer de l’incantation à l’action concrète ? Comment donner plus à ceux qui ont moins, vraiment ?
2. Quel sens pour les apprentissages au 21ème siècle ? À l’heure des IA génératives, du changement climatique et d’un monde hyper-connecté, enseigne-t-on encore les bonnes compétences ? Faut-il privilégier la mémorisation ou l’esprit critique, la discipline ou l’interdisciplinarité ?
3. Le bien-être à l’école, luxe ou nécessité ? Burn-out des enseignants, mal-être des élèves, phobie scolaire… La question du climat scolaire n’est plus anecdotique. Une école anxiogène est une école qui ne remplit pas sa mission. Comment construire un environnement où l’on apprend mieux et où l’on se sent bien ?
Et si on changeait de logiciel ?
La rentrée, c’est le symbole du recommencement. Et si on profitait de cette énergie pour imaginer autre chose ?
Faire confiance aux acteurs de terrain : Et si on laissait plus d’autonomie aux établissements et aux équipes pédagogiques pour s’adapter à leurs publics ?
Revaloriser, vraiment, le métier d’enseignant : Pas seulement par le salaire, mais par la reconnaissance sociale, la confiance et des conditions de travail dignes.
Oser l’innovation pédagogique : Sortir du « on a toujours fait comme ça » pour expérimenter, évaluer et généraliser ce qui marche.
Cette newsletter n’a pas de réponse miracle. Elle a l’ambition de poser les bonnes questions, de nourrir le débat et de mettre en lumière celles et ceux qui, sur le terrain, inventent déjà l’école de demain.